DIAPHANE MONOCHROME RVB 01

Territoires numériques


Une coopération France-Québec, dans le cadre d'un échange artistique avec les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie.

Avec le soutien du Service de Coopération et d’Action Culturelle du Consulat général de France à Québec.

Diaphane et les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie ont en commun une volonté de réaliser sur leurs territoires un véritable travail de fond en matière de création, sensibilisation et diffusion de la photographie.

Depuis 2015, trois projets d’échange se sont succédés : Picardie-Gaspésie pour la photographie (2015-2016), Territoires imprimés (2017-2018), Territoires numériques (2019-2020). 

Au programme : 

   • Des résidences de création croisées  permettent à des artistes québécois d’être accueillis en Picardie quand des artistes français découvrent de leur côté la Gaspésie.

   • Des restitutions des travaux réalisés au cours des temps de résidence ont lieu de part et d'autre, pendant les Rencontres en Gaspésie et à l'occasion du festival des Photaumnales, à Beauvais.

   • Des commissariats croisés permettent la présentation d’expositions de photographes français en Gaspésie tandis que Les Photaumnales présentent les travaux d’artistes proposés par les Rencontres de la photographie en Gaspésie.

   • Des publications conjointes de livres photographiques. 

   • Des échanges entre les équipes des deux festivals.

 

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Artistes accueillis en Gaspésie
Sophie Zénon (2019)Martin Becka (2017), Sarah Ritter (2017)Ambroise Tézénas (2016), Claudia Imbert (2015)

Artistes accueillis en Picardie 
Jocelyne Alloucherie (2019), Serge Clément (2017), Steve Veilleux (2017), Robert Walker (2017), Jessica Auer (2016), Normand Rajotte (2016), Benoît Aquin (2015), Isabelle Hayeur (2015)

 DP Photaumnales 2019 HD 1309  

Jocelyne Alloucherie

Le Bleu des Glaces 


 

  Ces photographies ont été prises en 2008, au large de la côte nord-est de Terre-Neuve dans cette zone appelée Icebergs Alley, qui marque annuellement le passage des glaces descendant entre le Labrador et le Groenland. Je suis allée au plus près de ces blocs en dérive pour en saisir la pleine présence et en rendre une sensation différente, celle d'une confrontation avec leur échelle, leur matière, leur découpage insolite; et traduire l'impression d'une promenade à fleur d'eau dans le voisinage de ces glaces millénaires.

L'aventure était parfois périlleuse. J'y suis allée avec des pêcheurs, dont de petites barques à fonds plats que l'on appele au Québec des verchères. Les photographies ont été prises vers la fin du jour pour les Syrènes et tôt le matin pour les Brumes. Lire la suite...

 sophie zenon 6  

Sophie Zénon 

Dans le miroir des rizières (Maria)


   Pour le projet Dans le miroir des rizières, Sophie Zénon crée une rencontre irréelle avec la figure de la mondina italienne, qu'elle revisite à travers celle de sa grand-mère maternelle, Maria. 

Son histoire familiale s'entrecroise avec qu'elle, anonyme, de ces ouvrières saisonnières dont le travail consistait à repiquer de jeunes plants de riz dans le Piémont. Les rudes conditions de travails ont été à l'origine d'importants mouvements sociaux et inspirés plusieurs chants, œuvres littéraires et cinématographiques en Italie. Lire la suite...

CLEMENT BD 04

Serge Clément
Fragment & Trans

Automne 2017, une résidence d’artiste déclinée en 3 lieux,
Amiens, Beauvais et Clermont sur 3 semaines : un séjour, une marche, un récit, a journey
Le regard de l’étranger sur cette urbanité, ses espaces aménagés, domestiqués
Empreintes de ses lumières d’octobre, de ses effluves, de soleils évasifs
Porté par les hasards, les coïncidences, des énigmes
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BECKA BD 05

Martin Becka
La ligne silencieuse

Bien qu’elle ne fonctionne plus dans sa plus grande partie, la ligne de chemin de fer du sud de la Gaspésie, entre New Richmond et Gaspé, continue à être intimement liée au territoire, passant parfois sans aucune délimitation au coeur même des bourgs, croisant les routes, enjambant rivières et vallons.
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 sarah ritter au fond du ciel 1  

Sarah Ritter

Au fond du ciel


 

  Sarah Ritter ne travaille pas par anticipation, mais par « occasions », pour lesquelles elle arpente divers terrains. Guidée par le principe de l’obsession, elle accumule puis articule entre elles des images, qui forment un montage photographique comme un chœur. Les photographies appellent le récit tout en empêchant sa clôture, attisent le regard sans donner pour autant la clé de cette tension. Au fond du ciel est une série d’images croisant portraits et paysages pris dans des lieux très différents. Ces lieux peu marqués par des repères, emplis de zones noires et de présences humaines disparaissantes échappent au regard frontal. Elles expérimentent un point de bascule entre le visible et le hors-champ, pour toucher à la nature profonde de l’image photographique.

http://www.photogaspesie.ca/portfolio/sarah-ritter-au-parc-national-de-la-gaspesie/

 Veilleux  

Steve Veilleux

Projections


 

On peut aisément se figurer la scène. Par une nuit sans lune, les phares de haute intensité allumés, la voiture neuve d’un couple neuf fonce sur une route lointaine, hors des centres- villes. Comme un éclair, une affiche publicitaire montrant de futurs ensembles résidentiels surgit, habite l’imaginaire un instant, puis s’évanouit.

Le travail de Steve Veilleux nous place devant ce moment où l’image préfabriquée et prophétique d’un promoteur immobilier n’a pas encore rencontré sa concrétisation. On distingue certaines de ces affiches photographiées de nuit au flash. Seulement, voilà que les informations écrites sur les panneaux-réclames ont été gommées, ne laissant pour ainsi dire que la « rhétorique graphique » faite de modélisations infographiques tridimensionnelles et de clichés de familles aux sourires factices et anonymes tirés de banques d’images en ligne.

Né en 1985, Steve Veilleux est un artiste québécois originaire de Contrecœur (Canada), où il vit encore.

 Walker
 
 

Robert Walker

New York, chaos et cacophonie


 

 « La couleur, c’est le pouvoir » apparaît comme le slogan qui jalonne le travail photographique engagé que mène Robert Walker sur les métropoles telles que New York, Paris, Rome ou encore Varsovie et Toronto. Convaincu que la publicité veut séduire et soumettre la masse des consommateurs auxquels elle inocule sans cesse de nouveaux besoins, il utilise dans ses images les codes de celle-ci, les récupère et les plie à sa propre vision de l’espace urbain.

Peintre de formation, porté vers l’abstraction, il entend se servir des couleurs de Times Square - véritable ground zéro de la société de consommation - pour recomposer textes et images aux accents publicitaires, selon une logique critique et grinçante n’ayant plus rien de commerciale.

Robert Walker est né à Montréal où il a étudié la peinture à l’université Sir George Williams. Dans les années 70, il a orienté son travail sur la ville et la photographie.

TEZENAS 05 BD

Ambroise Tézenas
La Vallée

"Le premier jour, je photographie une maison abandonnée dans la brume, avec son toit qui s’écroule on a l’impression qu’elle s’envole. L’ambiance est lourde, le ciel bas, je cherche à comprendre un peu mieux ces paysages que je traverse, je m’arrête dans des cafés de bord de route. A Sainte-Florence, petit village de la Vallée de la Matapédia un couple sans histoires a été retrouvé mort, assassiné par leur petit-fils il y a quelques années. Dans les villages, les écoles sont menacées de fermeture, quand ce n’est pas déjà fait, et luttent pour survivre malgré la désertification inexorable. Je ressens le besoin de me raconter des histoires. Je ne profiterai pas de cette frontière entre la terre et le Golfe du Saint-Laurent qui offre au voyageur tous les éléments du parfait road trip... Lire la suite 

Normand Rajotte
Aimer la nature

"Depuis plusieurs années, j’explore un territoire forestier de quelques kilomètres carrés situé au sud-est du Québec. Observant l’avancée de la végétation et les traces de l’activité animale, je photographie l’incessante métamorphose de  «ma» forêt.  Au fil du temps, je m’y suis enraciné. Dans cet esprit, ma résidence en Picardie, vu sa brièveté et la nouveauté des lieux, s’est présentée à moi comme un défi. Pour le relever, j’ai concentré mon action et m’en suis tenu à deux secteurs situés à quelques kilomètres de la ville de Clermont, où j’habitais... Lire la suite
AUER 03 BD

Jessica Auer
Seeing the forest for the trees

"Je suis partie de la collection d’oeuvres d’art historiques du MUDO-Musée de l’Oise. Ces oeuvres, pour la plupart créées par des peintres de la région, ont été mon introduction aux paysages de la Picardie. J’ai découvert dans cette collection les travaux de peintres paysagistes et j’ai été particulièrement attentive à la manière dont ils perçoivent les lieux et traduisent leurs observations dans une oeuvre d’art – leur attention aux détails, leur style personnel et la façon dont ils restituent la lumière. Inspirée par deux oeuvres particulières, l’une de Paul Huet (La Forêt de Compiègne) et l’autre de Claude Sébastien Hugard (Le Trou fondu), j’ai commencé une exploration photographique de la forêt de Compiègne, l’une des grandes forêts de la région. Cette forêt est non seulement un site naturel d’intérêt, mais elle revêt également une grande importance historique avec une occupation remontant à l’époque romaine... Lire la suite


 

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Isabelle Hayeur
République
"Arrivée en France depuis peu, je suis à Paris dans le Xème arrondissement lorsque que les événements du vendredi 13 novembre 2015 éclatent. La population est pétrifiée, paralysée. Ce ne sont pas les premiers attentats qu’elle subit, mais cette fois, c’est la nation qui se sent attaquée. Les réactions sont épidermiques, le patriotisme est exacerbé… En mission photographique à Beauvais, je m’intéresse aux contrecoups de ces attentats. J’observe les réactions, j’écoute les conversations, je photographie ce que je vois, souvent à la dérobée. Le territoire est maintenant sous haute surveillance, on renforce la sécurité, on fouille les sacs, fait ouvrir les blousons, contrôle les cartes d’identité, réprime la dissidence, intensifie les frappes sur la Syrie... La France a peur, peur de l’autre qui la traque, mais qui est cet autre au juste ? Lire la suite  

 

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Claudia Imbert
Petite-Vallée


"Suite à une invitation en résidence sur le territoire de la Gaspésie, je me dirige vers la côte Nord de la péninsule. « Plus sauvage » me dit-on. « Tu vas y rencontrer de sacrés personnages ! ». Je n’ai pas photographié les personnages en question mais ils ont été les passeurs. Ils m’ont accueillie avec le coeur et présentée à la communauté. Je me suis donc posée à Petite-Vallée. Mais comment raconter ce lieu à la fois puissant et déroutant ? Je cherchais le centre-ville et ne le trouvais pas. Je cherchais des passants, ils ne semblaient jamais quitter leur voiture. Et chaque jour, je me trouvais confrontée à une météo différente : brouillard, soleil, vent, pluie, gris, soleil, froid, très froid, chaud, bleu, tempête. Je collectionnais alors les portraits de maisons, comme une petite fille qui répète le même dessin pour le parfaire. Puis les séances de portraits m’ont permis d’aller plus loin. Ces moments d’équilibre où l’on se cherche, photographe et personne photographiée, quelle que soit la scène. Lire la suite 

 

AQUIN BD 01

Benoît Aquin
Rural 

Intéressé par la réalité du monde agricole, j'ai récemment commencé à visiter des fermes en proximité de Montréal afin de les photographier. Non seulement ai-je trouvé un sujet qui poursuit les préoccupations écologiques qui guident mon travail depuis de nombreuses années, mais il m'a semblé que ces fermes constituaient un cadre adéquat pour radicaliser ma pratique photographique.
J’ai été invité à participer à une résidence en Picardie avec Diaphane. Je crois que l’exploration de ce territoire français et des pratiques agricoles qui y sont liées ajouteront un pivot important à la démarche que j’ai entamée.
Pour bien comprendre le projet proposé, il faut savoir qu'à propos des perspectives offertes par le monde agricole à l'horizon de 2050, les agronomes Mazoyer et Roudart considèrent que nourrir une population mondiale estimée à 9 milliards d'humains supposera une intensification drastique de l'agriculture sur l'ensemble de la planète. Quelques errances dans les campagnes québécoises suffisent à témoigner que cette intensification est déjà effective. Là où la force de l'homme a été supplantée par une machinerie agricole de jour en jour plus sophistiquée, il n'existe plus de différences réellement significatives entre la production du vivant et l'industrie de l'armement. Là où la spécialisation du travail agraire désagrège des tissus communautaires immémoriaux, la quête spirituelle devient une bouée de survie... Lire la suite