DIAPHANE MONOCHROME RVB 01

RÉSIDENCES
Photographes accueillis en résidences-mission, résidences de création et résidences internationnales

 

Depuis 2004 Diaphane a mis en place une politique de résidence sur le territoire de l'ancienne Picardie. D'abord initées dans le cadre des Photaumnales, les résidences sont très vite devenues la base de la programmation. L'ensemble des actions de Diaphane se construit autour des créations réalisées par les photographes accueillis en résidence de création, et qui au cours du temps constitue une mémoire du territoire et de ses habitants.

 

Natacha Clitandre

2022
Natacha Clitandre

Un herbier clermontois


Natacha Clitandre est accueillie en résidence à Clermont dans le cadre d'un partenariat avec Les rencontres internationnales de la photographie en Gaspésie.


« Alors que je découvre le paysage clermontois en empruntant à pied ses voies sinueuses, je suis constamment désorientée. Habituée que je suis au grid system nord-américain, mon sens de l’orientation me fait ici défaut.

Par le geste photographique, je tente donc de m’approprier ce nouvel environnement et d’y trouver mes repères. Ce faisant, mon œil s’attarde systématiquement aux croissances végétales qui côtoient ou envahissent aménagements et éléments construits. En m’emparant de ces détails par la photographie, les sites que je parcours s’imprègnent dans ma mémoire.
Durant ma résidence à Diaphane et au Fablab Pays du Clermontois, je souhaite explorer différentes pistes formelles me permettant de traduire mon appréciation spontanée de la végétation bourgeonnante observée localement. Pour ce faire, je compte déployer divers outils, matières et mécanismes émanant de la culture numérique aptes à recréer l’effet apaisant du végétal. L’empreinte photographique sera donc transposée en dispositifs misant parfois sur la lumière, parfois sur les effets de matière. Au final, je compte constituer une sorte d’herbier synthétique grâce auquel j’aurai pu me familiariser avec les spécificités du paysage local. »
© Installation in-situ, Rencontres internationales de la photo en Gaspésie, Centre culturel de Paspébiac, Paspébiac, QC, CA
Sylvain Duffard

2022
Sylvain Duffard


Résidence en cours sur la communauté de communes du Pays du Noyonnais


Sylvain Duffard est actuellement en résidence-mission sur le territoire du Pays du Noyonnais. Dans le cadre du projet La photo bat la campagne il mènera des ateliers de photographie auprès de groupes du territoire jusqu'à la fin de l'année et réalisera dans le même temps un travail de création personnelle.
Le projet et les ateliers sont à suivre sur le blog www.lpblc.diaphane.org
Joannie Lafrenière

2022
Joannie Lafrenière


Résidence en cours sur la communauté de communes de Retz-en-Valois.


Joannie Lafrenière est actuellement en résidence-mission sur le territoire de Retz-en-Valois dans le cadre du projet de réhabilitation du château de Villers-Cterrêts en Cité internationale de la langue française. Elle mènera jusqu'en mars des ateliers de photographie autour de la diversité de la langue française et reviendra en septembre pour réaliser son travail de création.
Morgane Delfosse

2022
Morgane Delfosse


Résidence en cours sur le territoire de la Picardie Verte.


Morgane Delfosse est actuellement en résidence sur le territoire de la Picardie Verte dans le cadre du projet La photo bat la campagne. Elle mènera jusqu’en avril des ateliers de photographie autour du portrait auprès de plusieurs groupes de la communauté de communes, écoles, recyclerie et médiathèques.
Le projet et les ateliers sont à suivre sur le blog www.lpblc.diaphane.org
Gilles Leimdorfer

2022
Gilles Leimdorfer


Résidence capsule sur le territoire du Pays du Clermontois.


« Le sport m'intéresse pour sa capacité à réunir des gens d'horizons variées, de cultures et de milieux différents. Le sport comme vecteur de socialisation, de partage et de fraternité voila ce que je me propose de chercher ) montrer à l'occasion de cette résidence. »
  • Laeticia El Hakim
  • Laeticia El Hakim

2021
Laetitia El Hakim

Domestica (f.), Mythos - Maga - Femina


Laetitia El Hakim a été accueillie en résidence de septembre à décembre 2021 dans le cadre du programes NAFAS, 100 résidences d'artistes libanais en France, en partenarait avec l'Institut français.


« La domestication (du latin domus, “maison”) est l’action que l’homme exerce sur des animaux ou des végétaux, ne serait-ce qu’en les élevant ou en les cultivant. En se les appropriant et en les utilisant pour son agrément ou la satisfaction de ses besoins, l’homme les transforme.”

Au Liban, comme presque partout dans le monde, les femmes, sont toujours considérées comme des citoyennes de seconde classe, et nous nous battons encore aujourd'hui pour nos droits les plus élémentaires (le droit de garde, le droit de donner la nationalité libanaise à nos enfants, le droit à l'avortement...). Chaque once de liberté qu'une femme obtient semble avoir été empruntée, et non accordée. Les comportements oppressifs à l'égard des femmes sont principalement le fait des États religieux et sectaires qui gouvernent le pays. Les lois protégeant les femmes et garantissant qu'elles puissent agir sur leur propre entité morale et physique sont souvent négligées et ignorées pour ne pas perturber le statu quo existant aujourd'hui.

Depuis près de 30 ans maintenant, ma mère a constitué un livre de recettes avec des recettes empruntées à des amies. Tout au long de ma vie, elle a montré un désintérêt total pour les tâches ménagères, et surtout pour la cuisine. En réponse à son indifférence, mon père a pris en charge la cuisine et est en est devenu le responsable. Ce changement de dynamique dans notre foyer, qui était pour moi un spectacle normal, a suscité beaucoup de questions de la part de mes connaissances en raison de l'anomalie de ce renversement de rôle dans notre société. Mon père ne s'est jamais attaché à une recette. Il a toujours évolué librement dans la cuisine, manipulant les ingrédients au gré de ses envies. Alors qu'à l'inverse, ma mère n'a jamais pu cuisiner sans s'appuyer sur son livre de recettes "empruntées".

Ce projet s'appuie sur les "recettes empruntées" comme un élément déclencheur de réflexion, en tentant de démonter les limites, les directives et les règles fixées par les instructions et les ingrédients.

Domestica (f.) est un travail en trois chapitres qui explore la domestication de la femme à travers le corps (les mythes), le savoir (la sorcière), et l’être (la femme). La première installation de l’ouvrage se présente sous forme de livre d’artiste qui présente les idées qui vont être explorées par suite d’une façon plus approfondie à travers les chapitres. »

NAFAS Blanc sur coraille   Institut Franais

Romain Cavallin et Matthieu Cauchy

2021 - 2022
Romain Cavallin et Matthieu Cauchy

The Obscura Machine


Romain Ravallin et Matthieu Cauchy ont été accueillis en résidence itinérante sur le territoire du Beauvaisis en 2021. En 2022, ils continueront leur résidence sur le terrioitre de l'aggolmération du Beauvaisis.


En 2021, à bord de leur camionnette transformée en appareil photo géant : The Obscura Machine, Romain Cavallin et Matthieu Cauchy ont sillonné les routes du nord de l'agglomération du Beauvaisis à la rencontre de ces habitants. Ceux-ci pouvaient se faire photographier et repartir gratuitement avec leur portrait.

Pour suivre leurs aventures et savoir où les retrouver, rendez-vous sur leur page Instagram : https://www.instagram.com/obscuramachine/

Stéphanie Lacombe

2020 - 2021
Stéphanie Lacombe
  
Hyper Life


Stéphanie Lacombe a été accueillie en résidence sur le terroitre de la Champagne Picarde en 2020 et 2021


« La première chose que je fais quand j'arrive dans une région que je ne connais pas, c'est d'aller faire mon marché pour en connaitre la culture locale. ici, il me fallait faire environs 40km pour en trouver un. Alors je me suis ravisée, et je me suis mise au travail, à enquêter, à discuter avec les gens du coin pounr comprendre l'histoire du territoire. un nom revenais souvent  dans la bouche de ceux que j'interrogeais, ce mot c'était "Intermarché" et il s'est imposé comme la réponse évidente à la plupart de mes questions : "Il y a tout ce dont on a besoin, même un manège pour les gosses.",  On s'y retrouve la nuit, pour boire des coups sur le parking.", 'Il n'y a que ça ici.", "j'y vais pour voir du monde.", "Elle finira comme caissière à Inter," Le Supermarché semblait aux yeux de nombreux habitant être le "centre culturel" de la région, le pôle d'atraction de tous, comme autrefois, la place du village. Les gens s'y retrouvent pour discuter comme dans le temps après la messe. Le Super U à remplacé l'église et la caissière le curé. Je regarde la page facebook de cet Intermarché, il compte 3000 abonnés, alors qu'il se situe sur une commune de 1800 habitants.»

Anaïs Docteur

2020 et 2021
Anaïs Docteur

Alerte flash info !


Anaïs Docteur a été accueillie en résidence sur le territoire du Beauvaisis dans la cadre du projet La photo bat la campagne 2020/2021


« Durant six mois, j’ai arpenté un territoire, découvert les 53 villages qui composent le Beauvaisis. Marquée par les nouvelles constructions sortant de terre à vitesse vertigineuse, j’ai imaginé ces lieux changeant comme de potentiels décors de fictions. Des places qui semblent inhabitées; comme suspendues dans le temps.

Et puis, j’ai fait la connaissance d’habitants au travers d’ateliers et de rencontres. Petit à petit, leurs témoignages ont peuplé mes images, ont donné identité et chaleur à ces lieux. J’ai tissé des liens entre image et texte. Pour livrer le témoignage de mon expérience. Des orphelinats devenus théâtre, une expédition en forêt ou dans une ancienne usine de jouets. La découverte des ambiances de cafés depuis 70 ans, la délicieuse après-midi chez un couple de potiers… Mes rencontres sont devenues le scénario de mon aventure. Un conte de la vie moderne portant la trace d’histoires passées.

Merci à toutes les personnes croisées en chemin pour cette belle expérience et les moments partagés. »

Lucas Castel

Usimages 2021
Lucas Castel
Carte blanche en entreprises


Lucas castel a été accueilli en résidence dans quatre entreprises du bassin creillois dans le cadre de la biennale Usimages 2021


« D’une entreprise à une autre, tout «à priori» se déconstruit au fil des jours. Chaque site visité est un chamboulement dans les premières heures et se termine par des adieux étranges. J’ai une place rare et précieuse de pouvoir poser un regard sur des lieux aussi différents qu’un centre de logistique, regroupant plus de 250 manutentionnaires, ou sur une cartonnerie de 7 employés. Le point commun de toutes ces entreprises est nul doute, le courage et l’humilité des ouvriers et ouvrières que j’ai rencontrés. Ces photographies sont le résultat de ces liens tissés pendant une déambulation de 4 semaines dans cet étrange et surprenant monde industriel. » 

Morgane Delfosse

Usimages 2021
Morgane Delfosse
Carte blanche en entreprises


Morgane Delfosse a été accueillie en résidence dans quatre entreprsies du bassin creillois dans le cadre de la biennale Usimages 2021


« Dans l’entrepôt tentaculaire, le petit atelier familial, la fabrique ancestrale ou l’exploitation flambant neuve, les savoirs-faire sont différents mais les humains se ressemblent. La série issue de ce temps de création dans le grand bassin industriel creillois navigue de gestes répétés en visages lucides. Toutes et tous ont une histoire à raconter, posent un regard digne et constant sur ce qui les occupe. Malgré la relative beauté que l’on peut observer dans les rouages d’une machine, ce sont bien de leur courage et de leurs rêves d’ailleurs dont il est question dans ces images. Ce travail leur est dédié. » 

Romain Cavallin

2020
Romain Cavallin
Vexin-Vie


Romain cavallin a été accueilli en résidence sur le terrioitre du Vexin-Thelle en 2020 


« Que signifie être jeune en 2020, face aux enjeux de mobilité liés à ces territoires ruraux ?

Durant quatre mois, j'ai parcours les communes du Vexin-Thelle en quête de réponses. J'ai débuté cette résidence artistique dans la maison d'Avron, l'ancienne résidence d'un acteur de théatre, et de sa femme, psychanalyste et sculptrice. Ils l'ont légué à leur mort à la commune de Hardivillers-en-Vexin. Dans cette maison, il y avait une salle de répétition que j'ai transformée en camera obscura, un immense appareil photo grandeur nature, et en laboratoire argentique. Ainsi, il était possible de prendre des photos avec la maison, toujours avec le même cadrage. Mon approche de travail était univoque : inviter les habitants à venir se faire photographier devant cette salle de répétition. Et par la même occasion leur proposer un portrait éffectué par mes soins avec un appareil photographique plus mobile. Ainsi, je me suis déplacé pour aller à leur rencontre et j'ai été amené à photographier le territoire dans toute sa largeur.

Autour de la maison Avron, j'ai donc photographié les habitants dans des lieux de rencontre : des parcs municipaux, des parkings de centres commerciaux, des plaines de jeux, des salles des fêtes, des gares, des clubs de sports mais aussi chez eux.»

Florian Da Silva

2020
Florian Da Silva  
Terre à terre


Floria Da Silva a été accueilli en résidence dans l'agglomération du Beauvaisis en 2020 dans le cadre du projet La photo bat la campagne


« Tel un mouvement de balancier, mes pérégrinations sur le territoire du Beauvaisis n'ont eu de cesse d'évoluer au cours de l'année 2020. Une conséquence, sans doute, d'une pandémie qui nous à tous plus ou moins "déboussolé".

Afin de gardin le cap, je me suis rapidement rattaché à une histoire, celle d'un passé industriel florissant qui fit les beaux jours des cette région des Hauts-de-France. En effet, les terres beauvaisiennes, riche en argile, ont permis pendant plusieurs siècles le déploiement d'une activité industrielle autour et dans la ville de Beauvais.
Au départ utilitaire et quotidienne - chacun des villages possédant souvent un ou plusieurs fours de cuisson -, la production de céramique s'industrialise fortement au cours de la deuxième moitée du XIX° siècle. On voit ainsi apparaitre de grande dynasties familiales spécialisées dans les décors de façades ou de sols, tels que les Gréber, Boulenger, ou Colozier, mais aussi de l'avènement de grands artistes tels Auguste Delaherche ou Jules Ziegler. Au même moment, de grande manufactures de briques ou de tuileries s'implantent sur tout le territoire et inondent le marché français de leurs productions.

Que reste-t-il à voir aujourd'hui de ces multiples aventures industrielles ? Une unique briqueterrie subsiste encore sur tout le territoire du Beauvaisis, car comme beaucoup de territoires du Nord de la France, la désindustrialisation massive du secteur mais aussi l'avènement de nouveaux matériaux modernes, tels que le béton, ont fait péricliter la quasi-totalité de ces entreprises.

Seule la briqueterrie Dewulf située à Allonne, ironiquement collée à la grande zone commerciale de Beauvais, a su conserver techniques et four d'Antan, lui permettant encore aujourd'hui de produires des briques de qualité supérieures très prisées et indispensables à certains chantiers de rénovation.

Cette brique, omniprésene à mon regard, est l'un des fils rouges de mon travail. Quelle soit rouge, violette, orangée, tantôt blanche et même parofois virant au noir, ce petit parallépipède m'a littéralement accompagné pendant plusieurs mois.

Longtemps élément principal du bâti de la région, elle se décline aujourd'hui surtout d'un poit de vue "ornemental". Une ornementation autrefois réalisée à partir de magnifiques céramiques produites dans la région et dévolue aux maisons bourgeoises du Beauvaisis.

Ce patrimoine, préservé par certains propriétaires conscients de leur valeur historique, est aujourd'hui, malheureusement, souvent laissé à l'abandon. Et, le temps faisant son office, il me tenait alors à cœur d'en garder aussi une trace à travers la photographie.»

 
Martin Becka

2020
Martin Becka  
Sur les terres de l'Oise Picarde


Martin Becka a été accueilli en résidence dans la communauté de communes de l'Oise Picarde au printemps 2020


« ⌈...⌋ Pour réaliser mes images je travaille à la chambre photographique en utilisant le procédé négatif papier ciré (des négatifs fabriqués par moi-même, sur support papier, selon la méthode de Gustave Le Gray datant de 1851). Procéder ainsi met en œuvre une grande part d'expérimentation. Ce choix suppose un minutieux travail manuel de préparation, à l'aide de quelques produits chimiques sur du papier à dessin. Le processus n'autorise la production que de quelques photographies par jour. La confrontation que j'ai avec la matière est essentielle, les aléas font partie du jeu, et l'obtention de l'image n'est pas imédiate et nécessite un traitement de plusieures heures. Cette pratique a été celle des pionniers de la photographie peu de temps après sa découverte. Cette technique nécessite de quelques minutes à plusieurs dizaines de minutes de pose. L'image devient rare et questionne sur le sens de sa réalisation, nous sommes aux antipodes de la production actuelle des images en masse qui circulent autour de la planète à une vitesse vertigineuse.

En travailant aujourd'hui ainsi, un doute est introduit quant à l'actualité de ces images. Elles renversent notre perception du paysage qui peut à la fois se regarder comme une ruines tout comme une vision du futur. La matière et la temporalité des images opèrent une transfiguration qui transporte le spectateur dans un imaginaire plus mystérieux et secret dessiné par la lumière.

Cette vision poétique, faite de courbe, de droites, de transparence, et de jeux de lumière nous amène à regarder autrement ces lieux du quotidien qui construisent notre terrioire.»

 

Stéphanie Lacombe

2019
Stéphanie Lacombe  
Le rêve de Brenda


Série commencée en 2019


« En 1874, les usines Saint Frères, installées à Flixecourt (Somme, Picardie) comptent 6 000 ouvriers et feront construire 1 137 maisons.Cette industrie contribuera au développement des cités ouvrières.

Un siècle plus tard, au moment de son déclin dans les années 1980, l’usine revend à bas prix les maisons à ses ouvriers.  Désormais sans travail, ils se retrouvent propriétaires, dans une région laissée à l’abandon.  Qui sont ces habitants que Pierre Rosanvallon appelle les Invisibles ?

Depuis plusieurs mois, la photographe Stéphanie Lacombe réalise un travail de création avec les habitants de Flixecourt.  Elle les rencontre et les photographie seuls ou en famille, chez eux, dans les anciennes maisons ouvrières de la ville. Elle recueille leur témoignage, leur histoire, afin de rendre visibles les invisibles.  

" Charline est handicapée, elle dort dans l’entrée de la maison et pour prendre l’air le soir. Elle s’assoit sur le perron de la porte et discute avec son entourage. " » 

Israel Arino

2017 à 2019
Israel Ariño
Voyage en pays du Clermontois


Accueilli en résidence dans le Pays du Clermontois de 2017 à 2019


>Depuis juillet 2017, j'ai l'occasion de parcourir les communes du Pays du Clermontois, dans une dérive particulière lors de laquelle j'ai choisi de retourner sur des lieux sans histoire et des moments du quotidien à différente période de l'année. j'ai voulo me confronter aux hasards de la marche, au désir de photographier des espaces intermédiaires qui, d'une certaines façon m'itriguaient.

J'ai essayé de relire ce terrioitre, de la court-circuiter pour créer un récit pastoral chargé de "révélations", où derrière la surface de chaque image, une autre se cachait. Ici, les images s'interrogent sur le passé en même temps qu'elles réfléchissent sur l'avenir.

Il ne s'agit à aucun moment de porter un jugement moral sur les territoires traversés. Le propos est davantage de se débarasser de toutes une série de codes, d'iidéespéremptoires et de clichés qu"on associe à la connaissance d'un lieu, pour la fin de notre trajet, essayer de découvrir la signification de ce lieu.

Dans le cadre de cette résidence, Diaphane édition et les éditions Anómalas plublient l'ouvrage Voyage en Pays du Clermontois

Morganne Britscher

2019
Morgane Britscher
Les arbres de feu


Accueillie en résidence du 21 septembre au 3 novembre 2019


« Hiver 2018, Clermont-de-l’Oise, une particularité du paysage me saute aux yeux, travaillant sur l’idée que nous sommes tels des mille feuilles de paysages et qu’ils influencent notre construction, je me suis penchée sur le pourquoi de ces plantations si particulières.

Elles sont intrinsèquement liées à l’histoire du paysage de ce territoire. Après avoir étudié un atlas du paysage picard, j’ai pu comprendre leur existence par la présence historique de tourbières, de marécage et d’un sol perméable.

La culture du peuplier permet une grande absorption de l’eau, les sols autour de lui s’assèchent, permettant à travers l’histoire l’implantation des hommes, d’autre part sa culture a longtemps fait de ce territoire un producteur d’allumettes : les arbres de feu.

Aujourd’hui ces plantations font partie des habitants, elles font partie de leur construction. Les paysages changent, les plantations évoluent rapidement. Les paysages d’hiver sont très particuliers, un enchaînement linaire, devenant sur certaines parcelles aux beaux jours un fouillis vert où le regard se perd.

Le futur et la fluctuation du cour du bois peuvent complètement modifier l’avenir de ces parcelles, on peut imaginer qu’elles soient rendues à la nature et que ces plantations si linéaires redeviennent des espaces naturels et ces dédales d’allées des chemins ombragés où la marche serait empêchée, contrainte par une nature reprenant ces terres. Les sons y sont aussi particuliers, le vent s’engouffre dans les peupleraies et les bois craquent, les habitants ont tous une histoire avec les peupliers. »

Margaret Dearing

2019
Margaret Dearing


Accueillie en résidence du 21 septembre au 3 novembre 2019


« Ils ont 14 ou 15 ans et habitent dans le Pays du Clermontois. Ils ne sont plus des enfants, pas encore des adultes. Ils vont au collège ou au lycée. Certains s’orientent déjà vers des métiers, d’autres poursuivront des études plus longues. Ils ont envie d’indépendance. Ils sont souvent tributaires des parents, du car qui les emmène à l’école.

Ils m’ont emmené dans des lieux choisis dans leur établissement scolaire, ou bien là où ils se détendent, traînent avec leur amis. Ils m’ont parlé de leur quotidien, du regard des autres qui n’est pas toujours tendre.

Autour d’eux, des champs et des bois ; des villages et une ville qui se sont étendus avec la construction de quartiers pavillonnaires ou d’immeubles d’habitat collectif. De l’hiver à l’été, la végétation est omniprésente. Elle est en sommeil, elle est coupée, elle pousse. »

Almond Chu

Almond Chu
Le collège Fernel


« Mon appartement se situait à côté d'un bâtiment d'une architecture assez remarquable. J'ai appris qu'il s'agissait d'un collège construit en 1938. De style Bauhaus, l'établissement scolaire secondaire a accueilli jusqu'a 1400 élèves. Le bâtiment est inoccupé depuis 2004. Ce qui m'a étonné, c'est sa taille. C'est en effet une grande école dans une petite ville. Je me demande si tous les habitants de la ville y ont étudié. Franchement, le style du Bauhaus est aujourd'hui rébarbatif, mais il représente l'histoire et une révolution dans le design qui a eu une forte influence dans le monde. 
Avec mes photos, j'essaie de documenter la relation entre le collège et la ville. Je regarde les traces que les élèves ont laissées, les marques qui ont été écrites. Je scrute la construction, de l'intérieur comme de l'extérieur. C'est un vestige du patrimoine, de l'histoire. C'est aussi la mémoire collective des habitants du Clermontois.»

Normand Rajotte

2017
Normand Rajotte  
Aimer la nature


Normand Rajotte a été accueilli en résidence en Picardie à l'automne 2017 dans le cadre d’un partenariat entre Diaphane et les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, avec le soutien de la Commission permanente de coopération franco-québécoise


« Depuis plusieurs années, j’explore un territoire forestier de quelques kilomètres carrés situé au sud-est du Québec. Observant l’avancée de la végétation et les traces de l’activité animale, je photographie l’incessante métamorphose de « ma » forêt. Au fil du temps, je m’y suis enraciné. Dans cet esprit, ma résidence en Picardie, vu sa brièveté et la nouveauté des lieux, s’est présentée à moi comme un défi. Pour le relever, j’ai concentré mon action et m’en suis tenu à deux secteurs situés à quelques kilomètres de la ville de Clermont, où j’habitais. 
J’ai d’abord choisi une parcelle boisée de quelques hectares dans le Marais de Sacy. J’y ai été attiré par sa végétation dense, vibrante. Un chaos visuel qui témoignait d’une vie intense. Un espace englobant, secret, comme j’en ai rarement rencontré.Je me suis ensuite orienté vers la forêt de Hez-Froidmont, où au premier contact, j’ai été impressionné par ses grands arbres, sans équivalents chez moi. Magnifiques végétaux dégageant une force rassurante, presque tangible. En y poursuivant mes incursions, j’ai aussi répertorié diverses traces d’activité humaine, en particulier celles laissées par l’exploitation forestière qui, quoique photographiquement intéressantes, me sont apparues moins rassurantes pour le devenir des lieux. J’aurais continué, je commençais à me sentir un peu plus chez moi. Le temps était écoulé. »


Lien vidéo

Jessica Aueur

2016
Jessica Auer  
C'est l'arbre qui fait la forêt


Jessica Aueur à été accueillie en résidence au printemps 2016 dans le cadre d'un partenariat entre Diaphane et les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, avec le soutien de la Commission permanente de coopération franco-québécoise 


«Je suis partie de la collection d’oeuvres d’art historiques du MUDO-Musée de l’Oise. Ces oeuvres, pour la plupart créées par des peintres de la région, ont été mon introduction aux paysages de la Picardie. J’ai découvert dans cette collection les travaux de peintres paysagistes et j’ai été particulièrement attentive à la manière dont ils perçoivent les lieux et traduisent leurs observations dans une oeuvre d’art – leur attention aux détails, leur style personnel et la façon dont ils restituent la lumière. Inspirée par deux oeuvres particulières, l’une de Paul Huet (La Forêt de Compiègne) et l’autre de Claude Sébastien Hugard (Le Trou fondu), j’ai commencé une exploration photographique de la forêt de Compiègne, l’une des grandes forêts de la région. Cette forêt est non seulement un site naturel d’intérêt, mais elle revêt également une grande importance historique avec une occupation remontant à l’époque romaine.

Mon but était de saisir le caractère mythologique de la forêt ainsi que son identité contemporaine. Marchant le long des sentiers et à travers certains endroits plus sauvages, j’ai étudié la variété des arbres, les effets de la lumière sur le paysage, et recherché des traces du passé laissées par les cycles environnementaux et par l’intervention humaine. En utilisant la photographie, je souhaite faire référence aux qualités romantiques de la forêt qui ont captivé les peintres paysagistes du 19ème siècle, tout en créant une série qui propose une perspective réaliste de la forêt d’aujourd’hui. »


Lien vidéo

Ambroise Tézenas

2016
Ambroise Tézenas  
La vallée


Ambroise Tézenas a été accueilli en résidence en Gaspésie en juin 2016 dans le cadre d’un partenariat entre Diaphane et les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, avec le soutien de la Commission permanente de coopération franco-québécoise


« Le premier jour, je photographie une maison abandonnée dans la brume, avec son toit qui s’écroule on a l’impression qu’elle s’envole. L’ambiance est lourde, le ciel bas, je cherche à comprendre un peu mieux ces paysages que je traverse, je m’arrête dans des cafés de bord de route. A Sainte-Florence, petit village de la Vallée de la Matapédia un couple sans histoires a été retrouvé mort, assassiné par leur petit-fils il y a quelques années. Dans les villages, les écoles sont menacées de fermeture, quand ce n’est pas déjà fait, et luttent pour survivre malgré la désertification inexorable. Je ressens le besoin de me raconter des histoires. Je ne profiterai pas de cette frontière entre la terre et le Golfe du Saint-Laurent qui offre au voyageur tous les éléments du parfait road trip. Le soleil qui m’a accueilli a disparu, il pleut et les prévisions ne sont pas optimistes. »

Isabelle Hayeur

2015
Isabelle Hayeur  
République


Isabelle Hayeur a été accueillie en résidence en Picardie en novembre 2015 dans le cadre d’un partenariat entre Diaphane et les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, avec le soutien de la Commission permanente de coopération franco-québécoise


« Arrivée en France depuis peu, je suis à Paris dans le Xème arrondissement lorsque que les événements du vendredi 13 novembre 2015 éclatent. La population est pétrifiée, paralysée. Ce ne sont pas les premiers attentats qu’elle subit, mais cette fois, c’est la nation qui se sent attaquée. Les réactions sont épidermiques, le patriotisme est exacerbé… En mission photographique à Beauvais, je m’intéresse aux contrecoups de ces attentats. J’observe les réactions, j’écoute les conversations, je photographie ce que je vois, souvent à la dérobée. Le territoire est maintenant sous haute surveillance, on renforce la sécurité, on fouille les sacs, fait ouvrir les blousons, contrôle les cartes d’identité, réprime la dissidence, intensifie les frappes sur la Syrie... La France a peur, peur de l’autre qui la traque, mais qui est cet autre au juste ? 

J’essaie de comprendre d’où cela vient. Avons-nous peur de réaliser que cela vient aussi de nous ? à Paris, le Monument à la République se transforme en un mémorial improvisé. Je le photographie chaque jour. Il n’est jamais tout à fait le même : il se fait et se défait au fil des ajouts de fleurs et de témoignages nouveaux. Photographies, dessins et affichettes y sont déposés quotidiennement. La pluie les altère, déforme les images, les rend floues, efface des mots, diffuse l’encre ou la fait couler au sol. Elle leur confère ainsi une nouvelle apparence, souvent plus poignante que l’original et qui semble meurtrie. »

Cindy Lelu

2015 - 2016
Cindy Lelu
90 minutes


Cindy Lelu a été accueillie en résidence par Diaphane dans le Pays du Clermontois dans le cadre du projet « La photo bat la campagne ».
http://www.lpblc.diaphane.org


« L'image du football est celle du souvenir, celle d’une victoire, d’une défaite, d’un tacle mal placé, de poteaux carrés, d’un ballon en cuir gorgé d’eau impossible à soulever, du maillot enfilé dans les vestiaires, du bruit des crampons sur le carrelage du couloir qui mène au terrain, de l’entraîneur hurlant à côté du banc de touche, d’une jeune fille dans les gradins, du jambon-beurre et du paquet de chips d’après-match achetés à la buvette. 

L’image du football est celle de l’archive, de l’archive de ces souvenirs, classés dans des albums qui retracent le parcours des poussins aux vétérans en passant par les U18, des feuillets jaunis par le temps dans le club-house où sont affichées fièrement les heures de gloire du club. 

L’image du football est celle de la presse locale, que l’on déploie le dimanche matin, où se joue toute la chorégraphie des corps en extension, où les mots et les maux s’affrontent dans le texte. L’image du football est celle de l’écran, celle des championnats et grandes coupes, d’un stade la nuit où le jour éclot sous les projos, des chants puissants des supporters, des tifos déployés entremêlés d’écharpes sous la fumée des fumigènes, des coupes de cheveux à la mode, des tatanes fluo, de la sueur en gros plan, du star system, des bagnoles rouges au cuir luisant.

L’image du football est celle de l’imaginaire, fait de toutes ces images, et c’est en les traversant, en les réunissant toutes à la fois que l’on retrouve la multiplicité des regards que nous portons sur ce sport. »

Claudia Imbert

2015
Claudia Imbert  
Petite Vallée


Claudia Imbert a été accueillie en résidence en Gaspésie en juin 2015 dans le cadre d’un partenariat entre Diaphane et les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie


« Suite à une invitation en résidence sur le territoire de la Gaspésie, je me dirige vers la côte Nord de la péninsule. « Plus sauvage » me dit-on. " Tu vas y rencontrer de sacrés personnages ! ". Je n’ai pas photographié les personnages en question mais ils ont été les passeurs. Ils m’ont accueillie avec le coeur et présentée à la communauté. Je me suis donc posée à Petite-Vallée. Mais comment raconter ce lieu à la fois puissant et déroutant ? Je cherchais le centre-ville et ne le trouvais pas. Je cherchais des passants, ils ne semblaient jamais quitter leur voiture. Et chaque jour, je me trouvais confrontée à une météo différente : brouillard, soleil, vent, pluie, gris, soleil, froid, très froid, chaud, bleu, tempête. Je collectionnais alors les portraits de maisons, comme une petite fille qui répète le même dessin pour le parfaire. Puis les séances de portraits m’ont permis d’aller plus loin. Ces moments d’équilibre où l’on se cherche, photographe et personne photographiée, quelle que soit la scène. Tout est possible, seules l’intuition, l’envie nous ont réunis ici et maintenant. C’était une manière de lui prendre le pouls, ralentie en son propre coeur car hors du temps ou à " la fin des terres* ", Petite-Vallée dégage un doux parfum d’étrangeté. »

Bertrand Stofleth

2014 - 2015
Bertrand Stofleth
Aeropolis


Bertrand Stofleth a été accueilli en résidence par Diaphane à Beauvais en 2014-2015


« Avec " Aeropolis " , il est question d’interroger la conquête de l’air. Plus exactement, la part de rêve qu’elle suscite chez l’homme. 
C’est la volonté de mettre en scène son caractère mythique dans son expression la plus contemporaine au travers des évolutions actuelles de l’aviation et de ses pratiques. 
Photographe documentaire, Bertrand Stofleth évoque les répercussions et les empreintes de ces bouleversements sur les territoires - tant topographiques qu’imaginaires. Il réinvente une iconographie, entre mythe (les pionniers, l’aventure de l’Aéropostale, les combats aériens...) et réalité. Il nous fait ainsi effectuer une traversée de ces pratiques contemporaines faites de survivances et de révolutions exercées par la « low-costisation » des transports aériens.
" Aeropolis ", une cité de l’aviation, dresse enfin un inventaire de lieux habités, pris dans cet écart entre historicité, mutations contemporaines et fascination toujours présente. 
À partir du territoire de Beauvais dont l’aérodrome est devenu au fil des ans " l’aéroport parisien" de Ryanair, il s’agit de remonter les traces lisibles des nombreuses histoires antérieures, afin de découvrir quels imaginaires subsistent encore dans l’aviation aujourd’hui. »

Né en 1978, Bertrand Stofleth vit et travaille à Lyon. Il est diplômé de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles en 2002.


Andrea Eichenberger

2014 - 2015
Andrea Eichenberger  
Les mille briques


Andrea Eichenberger a été accueillie en résidence par Diaphane à Beauvais en 2014-2015


« J'aime les rencontres et les échanges qui s’en dégagent. C’est ce qui a poussé la psychologue Isabelle Marseille à m’inviter à la rejoindre sur ce projet de fabrication d’une mémoire de la maison d’arrêt de Beauvais. Avec ce lieu de détention, qui a cessé de fonctionner en décembre 2015, allaient disparaître de petites histoires, banales, mineures, qui racontent la condition carcérale et différentes manières de la vivre. Histoires qu’Isabelle avait entendues le long de ses douze années de travail à la maison d’arrêt.

Avec le désir de faire sortir ces histoires de l’anonymat, de ce bloc homogénéisant qu’est la prison, avec l’envie de donner une chance à ce qui est invisible, à ce qui le deviendra peut-être encore plus avec la disparition, en France, des prisons en ville, Isabelle Marseille a voulu réunir photographies et paroles pour en donner une image et raconter comment les gens affrontent ce lieu, s’y inventent et tentent de créer des mécanismes pour qu’il devienne supportable. C’est ainsi que je me suis retrouvée dans « les mille briques » (comme l’appellent les personnes détenues), où j’ai pu faire de nombreuses rencontres qui allaient me permettre, non seulement de construire une mémoire visuelle, mais aussi de poser des questions, par le biais de la photographie, sur la condition carcérale en France et sur la difficulté que nous avons de regarder
l’autre.»

Julie Meyer

2015 - 2016
Julie Meyer
Roman de gare


Julie Meyer a été accueillie en résidence par Diaphane dans le Pays du Clermontois dans le cadre du projet « La photo bat la campagne ».
http://www.lpblc.diaphane.org


« Roman de gare a été produit lors d’une résidence-mission proposée par Diaphane. Le travail se compose d’une série de photographies et d’une vidéo sonore donnant à voir la ligne de chemin de fer reliant Clermont-de-l’Oise à Paris. La vidéo retrace un parcours sonore et visuel singulier. La bande son, montée à partir des témoignages de passagers, est mise en regard avec un paysage qui s’échappe. Le récit des usagers évoque le quotidien de chacun et les stratégies mises en place pour occuper le temps de transport. Un conducteur de train analyse les modifications des voies, la fermeture des usines et la désindustrialisation du bassin creillois. L’itinéraire est mis en mouvement par les voix des trajectoires personnelles. Au fur et à mesure de l’avancement du film, on découvre le trajet sous différents prismes et à différentes saisons. Par les paroles des usagers, le film tend à dépeindre le portrait d’un territoire qui n’en est pas un : celui d’une ligne traversant une géographie rurale, industrielle, périurbaine pour achever son parcours parmi les tours du Nord parisien. »

Une série de photographies est présentée en parallèle à la vidéo. Celle-ci montre l’envers du décor. Sorte de contrechamp du wagon, les images convoquent une campagne statique et silencieuse à laquelle s’oppose la vélocité du train. 

Guillaume Herbaut

2016
Guillaume Herbaut
Tergnier, la cité modèle


Guillaume Herbaut a été accueilli en résidence en 2016


« Tergnier, la ville des cheminots. Raoul Dautry, ingénieur de la Compagnie du chemin de fer du Nord, avait construit après la Première Guerre mondiale une cité ouvrière pour les employés de la société. Une cité qui se voulait emblématique, un modèle d’architecture mais aussi de vie. Les logements étaient attribués selon la taille des familles et non selon le poste hiérarchique. Chaque pavillon possédait un jardin. « Tout ce qui aurait pu rappeler l’ancien coron a été banni ». Toutes les infrastructures étaient pensées pour créer un esprit de corps tourné vers l’entreprise. Les plans de la cité-jardin avaient été tracés en s’inspirant de la forme des roues de locomotive. Tergnier était un symbole de la société cheminote idéale. La vie était rythmée par le bruit des trains arrivant au dépôt ou au centre de triage, par les sonneries appelant les cheminots au travail. Après 1945, la cité-jardin, aux deux-tiers détruite par les bombardements américains, est reconstruite différemment. L’esprit de l’époque a changé. L’habitat pavillonnaire est abandonné, faisant place à de petits logements collectifs influencés par l’architecture de Le Corbusier.
Tergnier compte aujourd’hui 15 000 habitants. La ville est touchée de plein fouet par la crise économique. Les ateliers de la SNCF qui faisaient travailler 4 000 cheminots ne comptent plus que 600 employés, et les entreprises alentour ont peu à peu fermé. La cité-jardin n’est plus habitée uniquement par des agents SNCF. Pourtant l’esprit cheminot, celui de la solidarité et de l’entraide, résiste à la grisaille générale. »

Photojournaliste, Guillaume Herbaut est né en 1970 à Paris. Son travail documentaire, plusieurs fois récompensé interroge les lieux chargés d’Histoire dont il interroge les symboles et la mémoire. 

Susan Trangmar

2015 - 2016
Susan Trangmar
UNFOUND


Susan Trangmar a été accueillie en résidence par Diaphane en 2015-2016 dans la Somme dans le cadre du centenaire de la bataille de la Somme


«On commence par identifier un lieu sur une carte. Puis on atteint ce lieu en voiture ou à pied. Une première visite coïncide avec l'arrivée d’un printemps verdoyant et fertile. Les cimetières surgissent de façon inopinée ici et là dans le paysage. Leur sérénité intime ou leur nudité brute, exposée, a de quoi bouleverser. ROSSIGNOL WOOD. SUNKEN ROAD. Pénétrer dans une de ces enceintes c’est toujours avoir l’impression de traverser une frontière. La nature florissante rôde à proximité, prête à reconquérir le terrain. GUARDS. QUEENS. GUNNERS.
Parcourir les allées, inspecter chaque pierre tombale, se sentir obligé de prêter attention à chaque nom, chaque inscription, chaque mémorial, même si cela est impossible. Plus on lit de noms, moins l'imagination est à même de donner un sens à l'ampleur de la destruction dont ils témoignent. Les noms s’entassent en un amas monstrueux de possibilités gaspillées. BITTER.
Pour certains, l’oubli est une nécessité bienvenue, le seul moyen de survivre. Pour d'autres, revenir est une obsession. L'écriture est toujours là, à disposition, pour tenter une explication, autoriser une reformulation.TRANSLATE. 

Susan Trangmar est née à Brighton. Elle a travaillé pendant de nombreuses années avec l’image photographique dans une variété de médias : la photographie fixe, l’installation de projection, l’image en mouvement et le son. Elle vit et travaille à Londres, où elle est maître de conférences en beaux-arts, à Central Saint Martins UAL à Londres.
www.susantrangmar.com

UNFOUND est publié sous forme d’un livret-DVD par Diaphane éditions.

Lien vidéo

Patrick Tourneboeuf

Patrick Tournebœuf
Stèles


« Les monuments aux morts, lieux de mémoire en devenir.
Dans chaque commune, une trace du conflit est préservée en l‘honneur des disparus de la Grande Guerre : les monuments aux morts sont devenus des stèles au cœur même de la cité. Ils se retrouvent sur le parvis des mairies, sur la place des marchés, devant l’église ou au milieu du cimetière, comme des points de repère.
Ces premières traces de commémoration témoignent de cette histoire reliant l’intime à l’universel, révélant pour chaque commune son positionnement par le choix de l’implantation géographique du monument, de la représentation métaphorique, politique ou tout simplement des moyens économiques disponibles. Ces stèles préservent de l’oubli des actes et surtout des noms de tous ceux qui ont vécu l’indicible de la guerre. Commandées à des artistes de pratique et d’origine différentes, ces sculptures ont été dressées là, telles de hautes figures élevées contre le temps. Elles pérennisent la douleur du pays par allégorie, et transcendent ainsi le souvenir.

Aujourd‘hui, ces sculptures ou statues témoignent d‘un passé, en célèbrent le souvenir, le statut social et politique de la commune. Elles seront parmi les seuls et derniers signes de mémoire de ces hommes, de notre Histoire... »

Patrick Tourneboeuf s’intéresse aux traces visibles, urbaines et édifiées. Il y a dans ses photographies cette volonté de montrer à quel point la mémoire de la guerre de 1914-1918 reste présente dans notre monde aujourd’hui tout en paraissant oubliée de la société.