DIAPHANE MONOCHROME RVB 01

 

Photo Stphanie Lacombe copie

Le rêve de Brenda,
Stéphanie LACOMBE,

2019 - 2020


En 1874, les usines Saint Frères, installées à Flixecourt (Somme, Picardie) comptent 6 000 ouvriers et feront construire 1 137 maisons.Cette industrie contribuera au développement des cités ouvrières.

Un siècle plus tard, au moment de son déclin dans les années 1980, l’usine revend à bas prix les maisons à ses ouvriers.  Désormais sans travail, ils se retrouvent propriétaires, dans une région laissée à l’abandon.  Qui sont ces habitants que Pierre Rosanvallon appelle les Invisibles ?

Depuis plusieurs mois, la photographe Stéphanie Lacombe réalise un travail de création avec les habitants de Flixecourt.  Elle les rencontre et les photographie seuls ou en famille, chez eux, dans les anciennes maisons ouvrières de la ville. Elle recueille leur témoignage, leur histoire, afin de rendre visibles les invisibles.   

 

« Charline est handicapée, elle dort dans l’entrée de la maison et pour prendre l’air le soir. Elle s’assoit sur le perron de la porte et discute avec son entourage. » 

 

 

Voyage en Pays du Clermontois,
Israel ARIÑO,

du 21 septembre au 3 novembre 2019


Depuis juillet 2017, j’ai l’occasion de parcourir les communes du Pays du Clermontois, dans une dérive particulière lors de laquelle j’ai choisi de retourner sur des lieux sans histoire et des moments du quotidien à différentes périodes de l’année. J’ai voulu me confronter aux hasards de la marche, au désir de photographier des espaces intermédiaires qui, d’une certaine façon, m’intriguaient.

J’ai essayé de relire ce territoire, de le court-circuiter pour créer un récit pastoral chargé de « révélations », où derrière la surface de chaque image, une autre se cachait. Ici, les images s’interrogent sur le passé en même temps qu’elles réfléchissent sur l’avenir.

Il ne s’agit à aucun moment de porter un jugement moral sur les territoires traversés. Le propos est davantage de se débarrasser de toute une série de codes, d’idées péremptoires et de clichés qu’on associe à la connaissance d’un lieu, pour à la fin de notre trajet, essayer de découvrir la signification de ce lieu.

À l’occasion de la résidence de Israel Ariño, diaphane éditions et les éditions Anómalas publient l’ouvrage Voyage en Pays du Clermontois, avec le concours du Pays du Clermontois et la Ville de Clermont-de-l’Oise.

 

 

 

Les arbres de feu,
Morgane BRITSCHER,

du 21 septembre au 3 novembre 2019


Hiver 2018, Clermont-de-l’Oise, une particularité du paysage me saute aux yeux, travaillant sur l’idée que nous sommes tels des mille feuilles de paysages et qu’ils influencent notre construction, je me suis penchée sur le pourquoi de ces plantations si particulières.

Elles sont intrinsèquement liées à l’histoire du paysage de ce territoire. Après avoir étudié un atlas du paysage picard, j’ai pu comprendre leur existence par la présence historique de tourbières, de marécage et d’un sol perméable.

La culture du peuplier permet une grande absorption de l’eau, les sols autour de lui s’assèchent, permettant à travers l’histoire l’implantation des hommes, d’autre part sa culture a longtemps fait de ce territoire un producteur d’allumettes : les arbres de feu.

Aujourd’hui ces plantations font partie des habitants, elles font partie de leur construction. Les paysages changent, les plantations évoluent rapidement. Les paysages d’hiver sont très particuliers, un enchaînement linaire, devenant sur certaines parcelles aux beaux jours un fouillis vert où le regard se perd.

Le futur et la fluctuation du cour du bois peuvent complètement modifier l’avenir de ces parcelles, on peut imaginer qu’elles soient rendues à la nature et que ces plantations si linéaires redeviennent des espaces naturels et ces dédales d’allées des chemins ombragés où la marche serait empêchée, contrainte par une nature reprenant ces terres. Les sons y sont aussi particuliers, le vent s’engouffre dans les peupleraies et les bois craquent, les habitants ont tous une histoire avec les peupliers.

 

 

Là,
Margaret DEARING,

du 21 septembre au 3 novembre 2019


Ils ont 14 ou 15 ans et habitent dans le Pays du Clermontois. Ils ne sont plus des enfants, pas encore des adultes. Ils vont au collège ou au lycée. Certains s’orientent déjà vers des métiers, d’autres poursuivront des études plus longues. Ils ont envie d’indépendance. Ils sont souvent tributaires des parents, du car qui les emmène à l’école.

Ils m’ont emmené dans des lieux choisis dans leur établissement scolaire, ou bien là où ils se détendent, traînent avec leur amis. Ils m’ont parlé de leur quotidien, du regard des autres qui n’est pas toujours tendre.

Autour d’eux, des champs et des bois ; des villages et une ville qui se sont étendus avec la construction de quartiers pavillonnaires ou d’immeubles d’habitat collectif. De l’hiver à l’été, la végétation est omniprésente. Elle est en sommeil, elle est coupée, elle pousse.

 

 

Almond Chu
Le collège Fernel

"Mon appartement se situait à côté d'un bâtiment d'une architecture assez remarquable. J'ai appris qu'il s'agissait d'un collège construit en 1938. De style Bauhaus, l'établissement scolaire secondaire a accueilli jusqu'a 1400 élèves. Le bâtiment est inoccupé depuis 2004. Ce qui m'a étonné, c'est sa taille. C'est en effet une grande école dans une petite ville. Je me demande si tous les habitants de la ville y ont étudié. Franchement, le style du Bauhaus est aujourd'hui rébarbatif, mais il représente l'histoire et une révolution dans le design qui a eu une forte influence dans le monde.
Avec mes photos, j'essaie de documenter la relation entre le collège et la ville. Je regarde les traces que les élèves ont laissées, les marques qui ont été écrites. Je scrute la construction, de l'intérieur comme de l'extérieur. C'est un vestige du patrimoine, de l'histoire. C'est aussi la mémoire collective des habitants du Clermontois."
AUER 03 BD
Jessica Auer
C'est l'arbre qui fait la forêt
2016

"Je suis partie de la collection d’oeuvres d’art historiques du MUDO-Musée de l’Oise. Ces oeuvres, pour la plupart créées par des peintres de la région, ont été mon introduction aux paysages de la Picardie. J’ai découvert dans cette collection les travaux de peintres paysagistes et j’ai été particulièrement attentive à la manière dont ils perçoivent les lieux et traduisent leurs observations dans une oeuvre d’art – leur attention aux détails, leur style personnel et la façon dont ils restituent la lumière. Inspirée par deux oeuvres particulières, l’une de Paul Huet (La Forêt de Compiègne) et l’autre de Claude Sébastien Hugard (Le Trou fondu), j’ai commencé une exploration photographique de la forêt de Compiègne, l’une des grandes forêts de la région. Cette forêt est non seulement un site naturel d’intérêt, mais elle revêt également une grande importance historique avec une occupation remontant à l’époque romaine.

Mon but était de saisir le caractère mythologique de la forêt ainsi que son identité contemporaine. Marchant le long des sentiers et à travers certains endroits plus sauvages, j’ai étudié la variété des arbres, les effets de la lumière sur le paysage, et recherché des traces du passé laissées par les cycles environnementaux et par l’intervention humaine. En utilisant la photographie, je souhaite faire référence aux qualités romantiques de la forêt qui ont captivé les peintres paysagistes du 19ème siècle, tout en créant une série qui propose une perspective réaliste de la forêt d’aujourd’hui."
Jessica Auer


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Jessica Auer a été accueillie au printemps 2016 en résidence en Picardie dans le cadre d’un partenariat entre Diaphane et les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, avec le soutien de la Commission permanente de coopération franco-québécoise

FRANCEQUEBECNB GASPESIENB

 

HAYEUR 01 BD

Isabelle Hayeur
République
2015


"Arrivée en France depuis peu, je suis à Paris dans le Xème arrondissement lorsque que les événements du vendredi 13 novembre 2015 éclatent. La population est pétrifiée, paralysée. Ce ne sont pas les premiers attentats qu’elle subit, mais cette fois, c’est la nation qui se sent attaquée. Les réactions sont épidermiques, le patriotisme est exacerbé… En mission photographique à Beauvais, je m’intéresse aux contrecoups de ces attentats. J’observe les réactions, j’écoute les conversations, je photographie ce que je vois, souvent à la dérobée. Le territoire est maintenant sous haute surveillance, on renforce la sécurité, on fouille les sacs, fait ouvrir les blousons, contrôle les cartes d’identité, réprime la dissidence, intensifie les frappes sur la Syrie... La France a peur, peur de l’autre qui la traque, mais qui est cet autre au juste ?

J’essaie de comprendre d’où cela vient. Avons-nous peur de réaliser que cela vient aussi de nous ? à Paris, le Monument à la République se transforme en un mémorial improvisé. Je le photographie chaque jour. Il n’est jamais tout à fait le même : il se fait et se défait au fil des ajouts de fleurs et de témoignages nouveaux. Photographies, dessins et affichettes y sont déposés quotidiennement. La pluie les altère, déforme les images, les rend floues, efface des mots, diffuse l’encre ou la fait couler au sol. Elle leur confère ainsi une nouvelle apparence, souvent plus poignante que l’original et qui semble meurtrie."


Isabelle Hayeur a été accueillie en résidence en Picardie en novembre 2015 dans le cadre d’un partenariat entre Diaphane et les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, avec le soutien de la Commission permanente de coopération franco-québécoise

FRANCEQUEBECNB GASPESIENB

RAJOTTE 01 BD

Normand Rajotte
Aimer la nature
2016


" Depuis plusieurs années, j’explore un territoire forestier de quelques kilomètres carrés situé au sud-est du Québec. Observant l’avancée de la végétation et les traces de l’activité animale, je photographie l’incessante métamorphose de « ma » forêt. Au fil du temps, je m’y suis enraciné. Dans cet esprit, ma résidence en Picardie, vu sa brièveté et la nouveauté des lieux, s’est présentée à moi comme un défi. Pour le relever, j’ai concentré mon action et m’en suis tenu à deux secteurs situés à quelques kilomètres de la ville de Clermont, où j’habitais.
J’ai d’abord choisi une parcelle boisée de quelques hectares dans le Marais de Sacy. J’y ai été attiré par sa végétation dense, vibrante. Un chaos visuel qui témoignait d’une vie intense. Un espace englobant, secret, comme j’en ai rarement rencontré.Je me suis ensuite orienté vers la forêt de Hez-Froidmont, où au premier contact, j’ai été impressionné par ses grands arbres, sans équivalents chez moi. Magnifiques végétaux dégageant une force rassurante, presque tangible. En y poursuivant mes incursions, j’ai aussi répertorié diverses traces d’activité humaine, en particulier celles laissées par l’exploitation forestière qui, quoique photographiquement intéressantes, me sont apparues moins rassurantes pour le devenir des lieux. J’aurais continué, je commençais à me sentir un peu plus chez moi. Le temps était écoulé."

Normand Rajotte
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Normand Rajotte a été accueilli en résidence en Picardie à l'automne 2017 dans le cadre d’un partenariat entre Diaphane et les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, avec le soutien de la Commission permanente de coopération franco-québécoise

IMBERT 06 BD
Claudia Imbert
Petite-Vallée
2015

"Suite à une invitation en résidence sur le territoire de la Gaspésie, je me dirige vers la côte Nord de la péninsule. « Plus sauvage » me dit-on. « Tu vas y rencontrer de sacrés personnages ! ». Je n’ai pas photographié les personnages en question mais ils ont été les passeurs. Ils m’ont accueillie avec le coeur et présentée à la communauté. Je me suis donc posée à Petite-Vallée. Mais comment raconter ce lieu à la fois puissant et déroutant ? Je cherchais le centre-ville et ne le trouvais pas. Je cherchais des passants, ils ne semblaient jamais quitter leur voiture. Et chaque jour, je me trouvais confrontée à une météo différente : brouillard, soleil, vent, pluie, gris, soleil, froid, très froid, chaud, bleu, tempête. Je collectionnais alors les portraits de maisons, comme une petite fille qui répète le même dessin pour le parfaire. Puis les séances de portraits m’ont permis d’aller plus loin. Ces moments d’équilibre où l’on se cherche, photographe et personne photographiée, quelle que soit la scène. Tout est possible, seules l’intuition, l’envie nous ont réunis ici et maintenant. C’était une manière de lui prendre le pouls, ralentie en son propre coeur car hors du temps ou à « la fin des terres*», Petite-Vallée dégage un doux parfum d’étrangeté"


Claudia Imbert a été accueillie en résidence en Gaspésie en juin 2015 dans le cadre d’un partenariat entre Diaphane et les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie. www.photogaspesie.ca

TEZENAS 05 BD
Ambroise Tézenas
La Vallée
2016

Le premier jour, je photographie une maison abandonnée dans la brume, avec son toit qui s’écroule on a l’impression qu’elle s’envole. L’ambiance est lourde, le ciel bas, je cherche à comprendre un peu mieux ces paysages que je traverse, je m’arrête dans des cafés de bord de route. A Sainte-Florence, petit village de la Vallée de la Matapédia un couple sans histoires a été retrouvé mort, assassiné par leur petit-fils il y a quelques années. Dans les villages, les écoles sont menacées de fermeture, quand ce n’est pas déjà fait, et luttent pour survivre malgré la désertification inexorable. Je ressens le besoin de me raconter des histoires. Je ne profiterai pas de cette frontière entre la terre et le Golfe du Saint-Laurent qui offre au voyageur tous les éléments du parfait road trip. Le soleil qui m’a accueilli a disparu, il pleut et les prévisions ne sont pas optimistes.


Ambroise Tézenas a été accueilli en résidence en Gaspésie en juin 2016 dans le cadre d’un partenariat entre Diaphane et les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie, avec le soutien de la Commission permanente de coopération franco-québécoise.

STOFLETH 01 BD

Bertrand Stofleth
Aeropolis
2016

Avec « Aeropolis », il est question d’interroger la conquête de l’air. Plus exactement, la part de rêve qu’elle suscite chez l’homme.
C’est la volonté de mettre en scène son caractère mythique dans son expression la plus contemporaine au travers des évolutions actuelles de l’aviation et de ses pratiques.
Photographe documentaire, Bertrand Stofleth évoque les répercussions et les empreintes de ces bouleversements sur les territoires - tant topographiques qu’imaginaires. Il réinvente une iconographie, entre mythe (les pionniers, l’aventure de l’Aéropostale, les combats aériens...) et réalité. Il nous fait ainsi effectuer une traversée de ces pratiques contemporaines faites de survivances et de révolutions exercées par la « low-costisation » des transports aériens.
« Aeropolis », une cité de l’aviation, dresse enfin un inventaire de lieux habités, pris dans cet écart entre historicité, mutations contemporaines et fascination toujours présente.
À partir du territoire de Beauvais dont l’aérodrome est devenu au fil des ans « l’aéroport parisien » de Ryanair, il s’agit de remonter les traces lisibles des nombreuses histoires antérieures, afin de découvrir quels imaginaires subsistent encore dans l’aviation aujourd’hui.

Né en 1978, Bertrand Stofleth vit et travaille à Lyon. Il est diplômé de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles en 2002.

www.bertrandstofleth.com

Bertrand Stofleth a été accueilli en résidence par Diaphane à Beauvais en 2014-2015.

 

Andrea Eichenberger
Les mille briques
2016

" J'aime les rencontres et les échanges qui s’en dégagent. C’est ce qui a poussé la psychologue Isabelle Marseille à m’inviter à la rejoindre sur ce projet de fabrication d’une mémoire de la maison d’arrêt de Beauvais. Avec ce lieu de détention, qui a cessé de fonctionner en décembre 2015, allaient disparaître de petites histoires, banales, mineures, qui racontent la condition carcérale et différentes manières de la vivre. Histoires qu’Isabelle avait entendues le long de ses douze années de travail à la maison d’arrêt.

Avec le désir de faire sortir ces histoires de l’anonymat, de ce bloc homogénéisant qu’est la prison, avec l’envie de donner une chance à ce qui est invisible, à ce qui le deviendra peut-être encore plus avec la disparition, en France, des prisons en ville, Isabelle Marseille a voulu réunir photographies et paroles pour en donner une image et raconter comment les gens affrontent ce lieu, s’y inventent et tentent de créer des mécanismes pour qu’il devienne supportable. C’est ainsi que je me suis retrouvée dans « les mille briques » (comme l’appellent les personnes détenues), où j’ai pu faire de nombreuses rencontres qui allaient me permettre, non seulement de construire une mémoire visuelle, mais aussi de poser des questions, par le biais de la photographie, sur la condition carcérale en France et sur la difficulté que nous avons de regarder
l’autre."

LELU 04 BD

Cindy Lelu
90 minutes
2016

"L'image du football est celle du souvenir, celle d’une victoire, d’une défaite, d’un tacle mal placé, de poteaux carrés, d’un ballon en cuir gorgé d’eau impossible à soulever, du maillot enfilé dans les vestiaires, du bruit des crampons sur le carrelage du couloir qui mène au terrain, de l’entraîneur hurlant à côté du banc de touche, d’une jeune fille dans les gradins, du jambon-beurre et du paquet de chips d’après-match achetés à la buvette.

L’image du football est celle de l’archive, de l’archive de ces souvenirs, classés dans des albums qui retracent le parcours des poussins aux vétérans en passant par les U18, des feuillets jaunis par le temps dans le club-house où sont affichées fièrement les heures de gloire du club.

L’image du football est celle de la presse locale, que l’on déploie le dimanche matin, où se joue toute la chorégraphie des corps en extension, où les mots et les maux s’affrontent dans le texte. L’image du football est celle de l’écran, celle des championnats et grandes coupes, d’un stade la nuit où le jour éclot sous les projos, des chants puissants des supporters, des tifos déployés entremêlés d’écharpes sous la fumée des fumigènes, des coupes de cheveux à la mode, des tatanes fluo, de la sueur en gros plan, du star system, des bagnoles rouges au cuir luisant.

L’image du football est celle de l’imaginaire, fait de toutes ces images, et c’est en les traversant, en les réunissant toutes à la fois que l’on retrouve la multiplicité des regards que nous portons sur ce sport."


Cindy Lelu a été accueillie en résidence par Diaphane dans le Pays du Clermontois dans le cadre du projet « La photo bat la campagne ».
http://www.lpblc.diaphane.org

MEYER 06 BD

Julie Meyer
Roman de gare
2016

"Roman de gare a été produit lors d’une résidence-mission proposée par Diaphane. Le travail se compose d’une série de photographies et d’une vidéo sonore donnant à voir la ligne de chemin de fer reliant Clermont-de-l’Oise à Paris. La vidéo retrace un parcours sonore et visuel singulier. La bande son, montée à partir des témoignages de passagers, est mise en regard avec un paysage qui s’échappe. Le récit des usagers évoque le quotidien de chacun et les stratégies mises en place pour occuper le temps de transport. Un conducteur de train analyse les modifications des voies, la fermeture des usines et la désindustrialisation du bassin creillois. L’itinéraire est mis en mouvement par les voix des trajectoires personnelles. Au fur et à mesure de l’avancement du film, on découvre le trajet sous différents prismes et à différentes saisons. Par les paroles des usagers, le film tend à dépeindre le portrait d’un territoire qui n’en est pas un : celui d’une ligne traversant une géographie rurale, industrielle, périurbaine pour achever son parcours parmi les tours du Nord parisien.

Une série de photographies est présentée en parallèle à la vidéo. Celle-ci montre l’envers du décor. Sorte de contrechamp du wagon, les images convoquent une campagne statique et silencieuse à laquelle s’oppose la vélocité du train."


Julie Meyer a été accueillie en résidence par Diaphane dans le Pays du Clermontois dans le cadre du projet « La photo bat la campagne ».
http://www.lpblc.diaphane.org

HERBAUT 02 BD

Guillaume Herbaut
Tergnier, la cité modèle
2016

Tergnier, la ville des cheminots. Raoul Dautry, ingénieur de la Compagnie du chemin de fer du Nord, avait construit après la Première Guerre mondiale une cité ouvrière pour les employés de la société. Une cité qui se voulait emblématique, un modèle d’architecture mais aussi de vie. Les logements étaient attribués selon la taille des familles et non selon le poste hiérarchique. Chaque pavillon possédait un jardin. « Tout ce qui aurait pu rappeler l’ancien coron a été banni ». Toutes les infrastructures étaient pensées pour créer un esprit de corps tourné vers l’entreprise. Les plans de la cité-jardin avaient été tracés en s’inspirant de la forme des roues de locomotive. Tergnier était un symbole de la société cheminote idéale. La vie était rythmée par le bruit des trains arrivant au dépôt ou au centre de triage, par les sonneries appelant les cheminots au travail. Après 1945, la cité-jardin, aux deux-tiers détruite par les bombardements américains, est reconstruite différemment. L’esprit de l’époque a changé. L’habitat pavillonnaire est abandonné, faisant place à de petits logements collectifs influencés par l’architecture de Le Corbusier.
Tergnier compte aujourd’hui 15 000 habitants. La ville est touchée de plein fouet par la crise économique. Les ateliers de la SNCF qui faisaient travailler 4 000 cheminots ne comptent plus que 600 employés, et les entreprises alentour ont peu à peu fermé. La cité-jardin n’est plus habitée uniquement par des agents SNCF. Pourtant l’esprit cheminot, celui de la solidarité et de l’entraide, résiste à la grisaille générale.

Photojournaliste, Guillaume Herbaut est né en 1970 à Paris. Son travail documentaire, plusieurs fois récompensé interroge les lieux chargés d’Histoire dont il interroge les symboles et la mémoire.
www.guillaume-herbaut.com

TRANGMAR 01 BD

Susan Trangmar
UNFOUND
2016

On commence par identifier un lieu sur une carte. Puis on atteint ce lieu en voiture ou à pied. Une première visite coïncide avec l'arrivée d’un printemps verdoyant et fertile. Les cimetières surgissent de façon inopinée ici et là dans le paysage. Leur sérénité intime ou leur nudité brute, exposée, a de quoi bouleverser. ROSSIGNOL WOOD. SUNKEN ROAD. Pénétrer dans une de ces enceintes c’est toujours avoir l’impression de traverser une frontière. La nature florissante rôde à proximité, prête à reconquérir le terrain. GUARDS. QUEENS. GUNNERS.
Parcourir les allées, inspecter chaque pierre tombale, se sentir obligé de prêter attention à chaque nom, chaque inscription, chaque mémorial, même si cela est impossible. Plus on lit de noms, moins l'imagination est à même de donner un sens à l'ampleur de la destruction dont ils témoignent. Les noms s’entassent en un amas monstrueux de possibilités gaspillées. BITTER.
Pour certains, l’oubli est une nécessité bienvenue, le seul moyen de survivre. Pour d'autres, revenir est une obsession. L'écriture est toujours là, à disposition, pour tenter une explication, autoriser une reformulation. TRANSLATE.

Susan Trangmar est née à Brighton. Elle a travaillé pendant de nombreuses années avec l’image photographique dans une variété de médias : la photographie fixe, l’installation de projection, l’image en mouvement et le son. Elle vit et travaille à Londres, où elle est maître de conférences en beaux-arts, à Central Saint Martins UAL à Londres.
www.susantrangmar.com

UNFOUND est publié sous forme d’un livret-DVD par Diaphane éditions.

Susan Trangmar a été accueillie en résidence par Diaphane en 2015-2016 dans la Somme dans le cadre du centenaire de la bataille de la Somme.

UAL

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Patrick Tourneboeuf
Stèles

Les monuments aux morts, lieux de mémoire en devenir.
Dans chaque commune, une trace du conflit est préservée en l‘honneur des disparus de la Grande Guerre : les monuments aux morts sont devenus des stèles au cœur même de la cité. Ils se retrouvent sur le parvis des mairies, sur la place des marchés, devant l’église ou au milieu du cimetière, comme des points de repère.
Ces premières traces de commémoration témoignent de cette histoire reliant l’intime à l’universel, révélant pour chaque commune son positionnement par le choix de l’implantation géographique du monument, de la représentation métaphorique, politique ou tout simplement des moyens économiques disponibles. Ces stèles préservent de l’oubli des actes et surtout des noms de tous ceux qui ont vécu l’indicible de la guerre. Commandées à des artistes de pratique et d’origine différentes, ces sculptures ont été dressées là, telles de hautes figures élevées contre le temps. Elles pérennisent la douleur du pays par allégorie, et transcendent ainsi le souvenir.

Aujourd‘hui, ces sculptures ou statues témoignent d‘un passé, en célèbrent le souvenir, le statut social et politique de la commune. Elles seront parmi les seuls et derniers signes de mémoire de ces hommes, de notre Histoire...

 

Patrick Tourneboeuf s’intéresse aux traces visibles, urbaines et édifiées. Il y a dans ses photographies cette volonté de montrer à quel point la mémoire de la guerre de 1914-1918 reste présente dans notre monde aujourd’hui tout en paraissant oubliée de la société.