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David Richard
Sur un air d’autoroute
2010

Les aires d’autoroutes du sud de la France sont pendant la période estivale des « non lieux » extrêmement fréquentés de jour comme de nuit. Là, le flux autoroutier s’incarne le temps d’une halte. Le véhicule, sorte de prolongement de l’habitat, donne à voir ses occupants libérés pendant quelques minutes de leurs sièges. L’aire de repos devient, dans ces moments là, le théâtre de scènes de vie banales et en même temps extraordinaires par la juxtaposition des situations, des nationalités, des classes sociales et par le lieu même où se jouent ces instants de vies.
Ce qui fait la spécificité de ces espaces, c’est l’état d’esprit dans lequel nous les abordons. Ils jalonnent le ruban autoroutier et quand nous nous y arrêtons, ils sont pour nous une forme de rupture : rupture avec le flux hypnotique de la route, mais également, l’été, rupture avec le train-train du quotidien. Chaque halte sur une aire accompagne un changement d’état, le travailleur devient peu a peu vacancier. Certes été comme hiver, on y trouve des travailleurs, routiers, VRP, etc. dont les aires sont un peu le jardin, la terrasse ; ils y ont leurs habitudes. L’été, ils partagent leur parking doré avec le reste de l’humanité. Si le soleil brille pour tout le monde, les aires de repos du sud de la France sont les avants-postes du littoral et de ses plages.

David Richard a 35 ans et vit à Montpellier. Il a été saisonnier à l’âge de 20 ans sur les aires d’autoroutes qu’il a photographiées 10 ans plus tard. Ce travail a fait l’objet de nombreuses publications dans la presse nationale et d’une nomination à la Bourse du Talent en 2007.

Le collectif Transit fait partie de l’agence coopérative Picturetank. Le collectif participe en 2010 au projet International E.CO (avec en France Tendance Floue et Odessa), un événement du ministère de la Culture espagnol autour de la photographie documentaire et des collectifs de photographes.
www.transit-photo.com