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Afficher l'image d'origineNolwenn Brod
Va-t’en me perdre où tu voudras
2012


Nolwenn Brod poursuit depuis quelques années un ensemble de travaux photographiques orientés vers les champs du corps et de l’espace. On retrouve bien souvent dans ses images cette (dés-)articulation des corps au milieu d’un environnement. Plus précisément, ses photographies interrogent la place de l’homme dans le paysage en tant que représentation physique de son univers mental. La série « Va-t’en me perdre où tu voudras » s’inscrit dans un contexte particulier et très personnel. En octobre 2011, Nolwenn Brod se dirige vers l’Irlande du sud et se retrouve sur les lieux traversés par son père à moto, accompagné de cinq amis, seize ans plus tôt. Il y décédera brutalement dans sa chambre d’hôtel. Elle suit alors le fil chronologique et géographique du parcours qu’il fit, afin de redessiner un territoire qu’elle pourrait s’approprier afin d’en finir avec cette fracture. « Le destin sème des signes sur la route, c’est le seul moyen de connaître l’arbitraire. Dans la confusion des jours apparaissent les traces d’un ordre qui semble me régir mystérieusement et donnera des prolongements inattendus ».
Elle enregistre les paysages qu’elle traverse, produit des portraits des personnes croisées, avec qui elle a entretenu des relations plus ou moins étendues (inconnus, rencontres). Le titre renvoie à un poème de Nicolas Bouvier, Le point de non retour, « La vie était si égarante et bonne / Que tu lui as dit ou plutôt murmuré « Va-t’en me perdre où tu voudras » / Les vagues ont répondu « Tu n’en reviendras pas ». Emmanuel Madec (extraits)

Représentée par la galerie et l'agence Vu.